Les Saintes-Marie, le Frioul, Port St Louis, Fourques. Ces lieux me sont inconnus. Je les découvre sous la chaleur étouffante de juillet aux heures où le soleil frappe la terre de sa lumière la plus aveuglante. Forcée de se faire toute petite, l’ombre n’a pas dit son dernier mot, elle se fait dense, coupe, tranche, sans concession, en attendant patiemment de pouvoir à nouveau s’étendre avec rondeur sur le sol tiédi. Les hommes aussi doivent se terrer, les lieux sont étrangement déserts, comme abandonnés. J'ai le sentiment d'évoluer dans une réalité abrupte qui me met mal à l'aise.
Alors, comme quand j’étais enfant, je décide de m’en extraire pour me plonger dans un univers qui n’appartient qu’à moi, cherchant les signes de la présence des autres dans un monde qui ne leur est pas accessible. Je le façonne pour le rendre supportable et me retrouve surprise par des sensations qui me sont familières. Me revoià plongée dans mon enfance, souvenirs de vacances avec mes grands-parents, bulles d’innocence et de liberté. Tout à coup l’ombre tranchante et la lumière écrasante ne font plus qu’un et me permettent à nouveau de rêver.